Y a-t-il des risques lors d’une interruption de grossesse?

Question

Bonjour, mon amie veut se faire avorter, mais j’ai peur pour elle. Pourriez-vous m’expliquer comment cela se passe, un avortement? Merci beaucoup.

Réponse(s)

Bonjour,

Une interruption de grossesse n’est pas un acte qui doit être pris à la légère. Car, même s’il est effectué très tôt, pour la femme qui avorte, c’est mettre fin à la vie du bébé qu’elle porte. Il en résulte malheureusement des séquelles physiques, mais également psychologiques. Il faut donc avoir examiné toutes les autres possibilités avant d’en arriver à ce geste extrême.

LE DÉROULEMENT D’UN AVORTEMENT

L’avortement est pratiqué sous anesthésie locale ou générale. La méthode la plus souvent utilisée est la méthode Karman. Elle consiste en l’introduction d’une seringue dans l’utérus, qui va venir aspirer la totalité du contenu endo-utérin. Il peut également être nécessaire de recourir au curetage: il s’agit alors de dilater le col de l’utérus et d’introduire une sorte de cuillère qui va venir racler les bords de l’utérus afin que son contenu soit bien décollé et évacué.

LES RISQUES PHYSIQUES

En premier lieu, des études ont démontré qu’à la suite d’un avortement, le risque de stérilité de la femme était augmenté de 10%. Par ailleurs, il arrive dans 5% des cas qu’il réside au fond de l’utérus des résidus qui n’auront pas été retirés correctement. Il y a alors un risque d’infection. Lors de l’intervention, il peut survenir un déchirement du col de l’utérus, une hémorragie ou encore une perforation utérine. Les grossesses suivantes, s’il y a lieu, ne seront pas simplifiées: il y a en effet une augmentation significative de risque de fausse couche ou d’accouchement prématuré, ainsi que de grossesses extra-utérines (l’embryon se développe ailleurs que dans l’utérus, dans une trompe, par exemple).

LES RISQUES PSYCHOLOGIQUES

Quelle que soit la raison pour laquelle elle se fait avorter, la femme aura cet acte sur la conscience toute sa vie, même si elle sait que c’était la seule solution. Les séquelles de cet acte peuvent arriver très tardivement, cinq ou dix ans après l’avortement, et se traduisent par un état dépressif et quelquefois un risque de suicide. Les femmes qui souffrent de ce que l’on appelle le syndrome du post-avortement sont celles qui ne se sont jamais remises de cette perte. Elles se sentent perdues, vidées, et croulent sous un sentiment de culpabilité qu’elles ne parviennent pas à gérer. Elles sont incapables d’exprimer leurs émotions, sont en colère, font des cauchemars, et leurs relations affectives s’en trouvent perturbées. Lorsque ce syndrome apparaît à l’occasion d’une nouvelle grossesse, c’est l’avenir du futur bébé qui se trouve compromis: la femme va en faire un enfant de substitution, qui n’aura aucune autre liberté que celle d’être parfait. Toute son enfance en sera affectée, et la relation mère-enfant tournera souvent au drame au moment de l’adolescence, avec souvent une rupture de toute relation lorsque l’enfant sera en âge de faire sa vie.

La décision de l’avortement doit donc se faire en connaissance de cause. Une consultation ayant pour but d’apporter tous ces détails est dispensée en France à toutes les femmes qui envisagent l’avortement. C’est même une visite obligatoire, afin que la femme prenne bien conscience de toutes les conséquences que son acte peut avoir. Il fut donc être certaine, en son âme et conscience, que c’est bien la seule solution, et que l’avortement n’intervient pas pour servir de contraceptif tardif à une grossesse accidentelle qui peut néanmoins être assumée.

Bon courage!

Répondu par Tessier

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